Dès ce premier jour ce fut une grossière erreur.
Chérif Bellamine, après un long et pénible règne de 6 ans, avec un intervalle de Ferid Abbés de 2 ans, avait poussé à bout les supporters du Club Africain. Cas de longévité unique pour un bilan aussi médiocre, Chérif Bellamine, rentier, homme bon, mais d’une intelligence limitée qui en fait par conséquent un gestionnaire limité, a accumulé les échecs sportifs, a élevé le déficit du club à un niveau jamais atteint et s’est entouré de quelques uns des pires dirigeants que le club n’a jamais eu. Ce qui est sidérant dans toute cette histoire, c’est que Bellamine s’est accroché jusqu’à la dernière seconde à son poste de président. Ses pourvoyeurs de fond ne lui faisaient plus confiance, ni même les banques. Pire encore, les hôteliers, qui, selon quelques anecdotes rapportées par des dirigeants des sections jeunes, raccrochaient carrément le téléphone en entendant le mot club africain lors des réservations. Les supporters avaient beau scander leurs slogans vénéneux et acides à l’égard d’un homme dépassé par la situation, incapable d’y faire face, de relancer le Club le plus Populaire du pays, les anciens présidents du Club ne bougeaient pas le petit doigt pour prendre en main une situation des plus incroyables et absurdes du monde du sport : un club porté par des centaines de milliers de personnes, complètement livré à lui-même, endetté, et géré par un quasi analphabète. Le plus choquant dans l’histoire est le mutisme des instances sportives qui ne prirent aucune mesure pour changer la situation.
Quelque part, cette situation arrangeait tout le monde. Les autres grands clubs, gérés par des compétences, des dirigeants puissants financièrement et socialement qui ne pouvaient que profiter de la situation. Les anciens présidents du club sont désormais incapables d’assumer ce « fardeau » nommé Club Africain qui demande tant de moyens, de disponibilité, et surtout un éventuel manque à gagner pour leurs affaires, vu que présider le CA peut avoir des répercussions sur leurs activités avec leurs partenaires commerciaux ou leurs concurrents. Les instances sportives qui ne vont tout de même pas donner raison à la rue au moindre grognement. Tout cela avec la complicité des journalistes, médiocres dans l’ensemble, qui, mis à part des articles manifestant leur inquiétude « profonde » face à la situation alarmante du club n’ont jamais pris la peine, par lâcheté, complicité, copinage ou même bêtise, de critiquer, d’éclairer ou d’accuser quiconque. La masse non initiée, dans le sens où elle n’a pas la véritable connaissance des faits et des coulisses n’était pas au courant des véritables enjeux, rapports de force par la seule faute de la presse, ce gagne pain moisi à l’image des articles publiés par des pigistes sans scrupule, ou encore des articles non publiés par certains rédacteurs en chefs lâches, trop neutres ou trop complaisants.
Et puis un jour, un « mini mai 68 » a éclaté à l’aéroport de Tunis Carthage lors du retour de Chérif Bellamine et son moustachu fétiche, homme à tout faire et à tout défaire, « des carottes dans les cheveux, qui n’a jamais vu un peigne, qui est méchant comme une teigne, qui fait ses petites affaires, avec son petit chapeau, avec son petit manteau, avec sa petite auto, qui croit avoir l’air et qui n’a pas l’air du tout, faut pas jouer les riches quand on n’a pas le sou » ( Extrait de Ces gens là de Jacques Brel, un passage qui illustre parfaitement notre personnage). La foule était passée aux armes, la situation s’aggravait, le temps était venu pour révoquer un président qui avait battu le record des échecs et désillusions au Club Africain. Le tout se passe par des consultations, par des réunions entre le bureau du gouverneur et du ministère. Et puis la nouvelle se propagea, envahit tous les coins du pays à une vitesse ahurissante : Cherif Bellamine n’est plus président du Club Africain, son successeur s’appelle Kamel Iddir, son vice-président, et ce dans le « pur respect de la loi sur les associations ». Kamel Iddir, vice président fantôme, forcément complice de la situation, étant numéro 2 du club, que ce soit par l’approbation de la situation ou par le silence. Mais qu’importe, les clubistes voulaient juste un autre nom, un autre visage, une autre voix. Ce fut tout de même la grossière erreur, et le club en subira les conséquences encore pour quelques années.
Kamel Iddir, haut fonctionnaire, politicien introduit et ayant fait ses preuves dans les missions qu’on lui a ordonné se fait introniser Roi du Club Africain, détenant par conséquent le pouvoir d’appuyer sur un bouton essentiel, vital, un pouvoir énorme, celui de commander le bonheur et le malheur de centaines de milliers de personnes à travers le pays.
L’intronisation de Kamel Iddir à la tête du Club Africain est historique à plus d’un titre, c’est un tournant fondamental et hélas malheureux. Le plus inquiétant et le rapport vertical à deux niveaux qui s’est installé. D’abord vis-à-vis des anciens présidents, force morale et supposée financière club. Ces derniers, de part leur statut social et l’autorité de leur portefeuille ne considèrent plus le président du CA comme un des leurs, mais comme un exécutant, un subordonné trop dépendant financièrement. Ce rapport a engendré une vassalité inédite et quelque part méprisable, se manifestant par des remerciements et des éloges excessifs à leur égard, faisant de Kamel Iddir un président délégué, et ce par sa seule faute et sa manière de gérer ses rapports avec les barons du club. C’est un glissement vers une féodalité moyenâgeuse très dangereuse pour un club de la trempe du CA.
Ensuite, il y a ce rapport vertical vis-à-vis des autorités. En étant un haut fonctionnaire de l’Etat, Kamel Iddir a sans doute les mains liés et le verbe castré, il ne peut s’exprimer en toute liberté, obligation de réserve oblige, faisant du CA une sous administration ou quelque chose qui ressemblerait à un établissement public qu’il faut gérer avec le maximum de prudence et d’habilité pour ne pas fâcher, se maintenir et pourquoi pas, faire le grand saut vers des sphères plus conséquentes. Evidemment, être un Haut fonctionnaire de l’Etat aurait pu être une aubaine pour accélérer certains chantiers : un carnet d’adresse, des contacts ministériels importants. Malheureusement la mentalité fait défaut.
Ce fut donc une grossière erreur. Parce qu’elle a fait croire aussi à plusieurs que devenir président du CA était devenu à la portée de tout le monde, puisque de fait, elle n’était plus la propriété des grands barons et des fortunés. Dès lors nous avons assisté à la prolifération des présidentiables souvent de basse catégorie à travers les journaux, les cafés et les salons, de tout ceux qui croient avoir l’air, et qui n’ont pas l’air du tout, qui croient désormais en leur bonne étoile (sans jeu de mots) pour arracher le fauteuil tant convoité, et désormais démocratisé, accessible grâce au parachutage de Kamel Iddir.
Une grossière erreur, parce qu’elle a anéanti l’image de marque du président du Club Africain en tant de fonction. N’importe qui, disons par exemple un supporter vu à la télé, crâne rasé mais chauve aussi à l’intérieur de la tête, peut désormais pousser la porte du bureau du président, y entrer et parler, sympathiser. Ou encore cette scène terrible mais tellement significative : le président qui se fait interpeller devant sa voiture par un supporter en quête de billets, qui au lieu de passer par les agents concernés par la vente, fait un saut au septième ciel du gotha clubiste en le demandant au président. Ce dernier ayant expliqué qu’il ne pouvait rien faire, démarra sa voiture et quitta le parc. Par la suite le supporter s’en donna à cœur joie à ses innombrables noms d’oiseaux, fustigeant Iddir, son métier, toute son ascendance et sa descendance y compris son sein maternel, et tout cela devant le silence complice et passif des gardiens du parc, des agents de sécurité et de quelques dirigeants. Un terrible coup à la fonction de président cette scène.
Une grossière erreur, parce que certaines règles du parcours de Kamel Iddir ont été appliquées à un club sportif et souvent très mal, comme ces discours stériles et pompeux, les méthodes de travail, la création de commissions dormantes, l’entourage fait d’hommes de paille, comme si le CA était une cellule du parti communiste soviétique, avec toute la bureaucratie, l’absurdité, la caducité et l’inefficacité que cela suppose. Ces règles disent aussi que l’intelligence moyenne des subordonnés doit être inférieure à celle qui les commande, une question de stature, de carrure et de pouvoir, on a vu souvent Iddir traîner avec son armada de serfs, ceux qui ne veulent pas fâcher, qui lèvent la tête jusqu'à l’usure avec le regard admiratif vers l’homme qui leur fait confiance. Des serfs souvent de la même école, bureaucrates, plus rusés qu’intelligents, qui en ne faisant rien ne compromettent rien. Telle est la cour du Roi, faite de bouffons, de complaisants et de bons à rien, quant à la gente per bene, ils se sont tous enfouis un par un, par manque de confiance, par déception ou dégoût.
Une grossière erreur parce que par les temps qui courent, chaque année qui passe est une perte de 5 ans sur nos concurrents, une perte de prestige pour le club. Kamel Iddir n’est pas l’unique responsable, il a mal géré une situation, et il l’a gérée selon ses moyens, la deuxième grossière erreur fut son maintien malgré tous ces paramètres, quelles sont les raisons alors ? N’est-ce pas absurde ? À qui profite son maintien ? J’y reviendrai la prochaine fois
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EDITORIAL
Le Club Africain est un phénomène unique dans le football tunisien. Equipe mythique, légendaire, pourtant, lors des vingt dernières années, le club n'arrive plus à s'imposer au niveau national. Remportant seulement 3 Championnats et 3 coupes durant les 27 dernières années, le club continue pourtant à attirer des supporters, le public le plus nombreux du pays. Chaque dimanche une foule impressionnante et passionnée frissonne, souffre, rit, pleure devant un carré vert converti en arène d'honneur. Ce blog a été crée pour décortiquer tout ce que se passe autour, dans les coulisses, pour analyser l'apport et l'influence des "salons", des décideurs. Ce blog se veut militant, ce blog est un espace de résistance contre la médiocrité, les combines. Ce blog ne ménagera personne du moment où l'intégrité du Club Africain est bafouée. Car à chaque fois que cela arrive, des millons d'êtres sont touchés dans leur honneur, dans leur passion, et un jour, si tout le monde s'y met, par la plume, par la force, par le pouvoir ou simplement par la passion, un jour, peut être, tout ce que notre coeur porte de rouge et blanc rayonnera dans nos yeux, fiers, pour l'éternité.
5 commentaires:
Salut machiavel ci-joint des extraits d’une correspondance que j’ai envoyé à Hannibal tv quelques jours seulement après l’intronisation de KI comme président intérimaire du CA.
Je pense que certains passages sont encore d’actualité. A vous de juger.
………..Supporter du club africain et spectateur attentif des émissions sportives de Hannibal TV, j’aimerais porter à votre connaissance une opinion qui ne me semble pas minoritaire au sein des supporters clubistes et portant sur une série de questions les unes plus importantes que les autres ; Le nouveau président en place assure t-il un simple intérim ? Quelle est l’étendu de son mandat ? Peut t-il légitimement engager d’avantage le club alors qu’il fut un des symboles de l’ère précédente ? Va-t-il enfin exaucer le rêve de tout clubiste et réhabiliter le principe électif comme mode exclusif de gestion du club ? Compte t-il convoquer une AGE et faire adopter le plan de restructuration ?
Le changement au niveau de la présidence opéré il y’a si peu et dans une continuité « certaine » , n’est pas un aboutissement en soi. Le départ de Chérif Bellamine était inéluctable pour diverses raisons (connues de tous par ailleurs et largement débattus dans différentes tribunes). Mon attention, comme je suppose, celle de l’ensemble du peuple clubiste n’est pas de se focaliser sur le bilan particulièrement catastrophique de ce dirigeant historique du Club africain.
Toutefois, pour que l’épisode douloureuse de son départ, puisse servir à quelque chose , il est impératif que Monsieur Kamel Idir , qui est aussi , rappelons le un des hommes du « passif » ne fasse pas l’économie d’un nécessaire inventaire et procède sans tarder à la convocation des organes habilités par la loi à juger l’action passée et voter les décisions concernant le futur de l’association .
De l’avis largement partagé des clubistes, c’est la condition sine qua non pour que nous tous, ayons l’assurance que nos voix ne seraient pas encore une fois confisquées. C’est aussi la seule garantie pour nous , que nos ressources financières ne se verraient pas dilapidées par des méthodes de gestions en rupture avec toutes les règles prudentielles ou qu’elles n’iraient pas dans des recrutements aussi ruineux que non productifs .
Le départ de monsieur Bellamine n’aurait servi à rien, si en définitif, on n’aurait fait que procéder à un changement d’un homme par un autre. Comme précédemment évoqué , Monsieur Idir , tout enfant du club qu’il est et par delà du respect « qu’impose son CV » , a néanmoins occupé sur 3 mandats le poste du 1er vice président du club à coté de Monsieur bellamine .
Le départ de ce dernier a sonné comme une contestation de sa politique et celle du comité qu’il préside. Comment peut-on imaginer que son premier assistant dans l’ordre hiérarchique ne soit pas comptable de cette même politique qu’il a soutenu trois mandats durant ?
Je ne suis pas entrain d’instruire un procès contre le président « intérimaire » du club. Toutefois, force est de constater qu’une fois la manne « D. Traoré » tombée dans l’escarcelle du club et que le robinet des grands mécènes du club enfin recouvert, on ne se montre plus aussi pressé de procéder à la grande opération de sauvetage du club, que certains parmi nous appelle dans un doux euphémistique « plan de restructuration ».
Aux oubliettes la grande crise, une des plus grandes du club ait jamais connu (installations sportives en ruines, joueurs en grèves, Œuvre de formation des jeunes réduite à sa plus simple expression, situation financière chaotique etc…..) .
Par un petit changement au niveau de la présidence, quelques renforts au niveau de l’encadrement administratif et sportif, le retour de certains dirigeants fâchés avec Monsieur Bellamine ? la grande crise s’est transformée en petite « crisette » sic !
Cette petite révolution de palais, ajoutée à l’opération colmatage des brèches et autres actions de replâtrage sont certes utiles pour désamorcer la crise mais ce ne sont que des soins d’urgence administrés à un patient gravement malade.
Maintenant, il faut passer à l’étape suivante, celle qu’attendent tous les clubistes. Ce que nous réclamons tous, ce n’est pas une petite pommade tranquillisante administrée à des doses homéopathiques mais un traitement de choc qui peut aller jusqu'à l’intervention chirurgicale. Pour ce faire plusieurs actions doivent être menées. La première consisterait à convoquer une AGO évaluative qui constatera la vacance puis le changement au niveau du poste de président ainsi qu’elle permettra la lecture et l’adoption ou le rejet du rapport moral et surtout du rapport financier. Deuxième action c’est de procéder d’urgence à la mise en place du nouvel organigramme et la tenue d’une double AG, la Première une assemblée générale extraordinaire qui permettra d’adopter ou de rejeter les statuts du club (statuts nouveaux ou mis à jour) ainsi que le plan de restructuration .Quand à la deuxième et conformément à la loi, elle permettra d’élire le nouveau président et son vice président.
En conclusion à mes propos, j’adresserais donc un appel au nouveau président du club pour qu’il joue la carte de la transparence et du respect de la volonté générale, celle de tout le peuple clubiste.
Une seule et unique doléance monsieur le président du club africain ; procédez sans tarder à la rupture tant souhaitée avec l’archaïsme des années passées ; C’est la seule voie pour que notre club se mette au diapason de la modernité et retrouver le rang qui est le sien dans la hiérarchie du sport national (place qu’il n’aurait jamais du quitter)……
BCA
(hamilcar17@yahoo.fr)
Merci pour avoir été le premier à livrer un commentaire sur ce blog, pour moi Machiavel est une idée.. beaucoup plus qu'un pseudonyme, j'espère de tout coeur avoir souvent des commentaires de cette qualité. Un blog ne peut survivre que par des commentaires nombreux et enrichissants.
Pour revenir à votre correspondance, elle reflète ce que bon nombre de nous épéraient à l'époque, malheureusement, vos craintes, celles développées au début se sont avérées justes.
Aujourd'hui, on se retrouve dans un scèma inédit et dangereux, le CA doit impérativement trouver un président fort et indépendant.
salut Machiavel
je voulais te feliciter pour ce blog ,pour l'analyse brillante que tu fais de la situation du club africain , tout ceci ecrit avec un français parfait agréable à lire et un humour eclatant !!
bravo!
je suis un supporter passioné ,fou, scandalisé, dégouté mais qui ne désepèrera jamais revoir ce club mythique reprendre son lustre d'antan!
esperant qu'on sortira un jour de ce gouffre!
VIVE LE CA
Merci pour le dernier commentaire (il n'y a pas de nom...)un autre article sera publi� dans les prochains jours
Ce blog n'�tant pas pour l'instant r�pertori� je demanderai aux lecteurs d'en parler, de faire passer l'adresse du blog
Je voudrais profiter pour demander l'autorisation � BCA pour publier la lettre sur la page principale en tant que document
salut machiavel c avec plaisir que j'accepte
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